lundi 7 juillet 2008

Gènes, cerveaux et sexes

Vous connaissez sans doute par cœur ce couplet de l’hymne officiel de l’égalité : les différences hommes-femmes sont des constructions sociales et historiques de genre, elles n’ont rien à voir avec les différences biologiques entre les sexes. On ne naît pas femme, on le devient par la grâce de la société ou de l'éducation. Et ainsi de suite.

Une équipe dirigée par Elena Jazin (Université d’Upssala, Suède) a étudié l’expression différentielle des gènes dans le tissu du cortex occipital de trois espèces : l’homme, le macaque (primate de l’ancien monde) et le marmoset (primate du nouveau monde), avec 24 extraits différents pour chaque espèce. Plusieurs centaines de gènes connaissent une expression différente selon les sexes chez l’homme (1349) et le macaque (486), contre moins de 10 chez le marmoset (7). Entre l’homme et le macaque, 85 gènes communs montrent ce dimorphisme dans leur expression. Certains, comme XIST (X inactivation-specific transcript) ou HSBP1 (Heat shock factor binding protein 1), exhibent des différences conservées au long de l’évolution chez les trois primates.

Certains gènes s’expriment bien sûr dans tous les tissus et leur fonction n’est pas donc pas spécifique à la zone analysée. Une analyse plus détaillée montre cependant sur les 85 gènes communs du macaque et de l’humain, 55 (65 %) montrent une surexpression dans les tissus cérébraux par rapport aux tissus sexuels, ce qui suggère un rôle spécifique dans le système nerveux. Et les 1300 autres observés chez l'homme restent bien sûr à étudier.

« Cette recherche établit l’existence de différence biologique sexuelle dans l’expression des gènes du cortex humain et, plus avant, elle montre l’existence d’une signature sexuelle conservée dans le cortex des primates, avec une possible importance durant leur évolution. La question ouverte est maintenant de savoir si ces gènes ont une signification physiologique pour l’organisation du cerveau et/ou du comportement ».

Référence :
Reinius B. et al (2008), Evolutionarily conserved sexual signature in the Primate brain, PLoS Genetics, 4(6), e1000100

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